Proxmox VE - Virtual Environment - est une solution de virtualisation bare metal orientée entreprise prête à l'emploi, basée sur l'hyperviseur Linux-KVM et les containers OpenVZ. Sa particularité est de proposer une console graphique en web pour administrer le tout. La version 2 est actuellement en beta, mais sa sortie finale est prévue d'ici le mois de Mars (2012 Q1 d'après la roadmap).
L'entreprise Proxmox qui développe Proxmox VE met son produit à disposition gratuitement sous licence libre. Parallèlement à cela ils proposent du support payant (forums, assistance, requêtes aux développeurs...) et une solution de sécurisation de messagerie (mail gateway) payante, même si il existe une version free avec moins de fonctionnalités.
Proxmox VE permet de faire simplement un cluster avec plusieurs serveurs physiques, et depuis la version 2.0 la HA, High Availability (haute disponibilité) est possible. Il est donc envisageable d'assurer la continuité de service même en cas de panne matérielle. L'entreprise Proxmox dispose de certifications avec plusieurs constructeurs (la liste est visible dans leurs brochures commerciales).
Proxmox VE se base sur Debian 6.0 Squeeze amd64, avec un kernel "based on RHEL6x" et lui ajoute un dépôt permettant d'avoir l'interface web de configuration mais aussi une version de qemu à jour. Le fonctionnement en cluster fait appel au système de fichiers pmxcfs (Proxmox Cluster file system).
Vous devez commencer par télécharger l'ISO d'installation à cette adresse. Le processus est simple et ne demande que d'entrer un mot de passe root et de spécifier une adresse IP fixe. Le disque dur entier est automatiquement utilisé et formaté pour recevoir Proxmox. Après avoir démarré le système, vous pouvez lancer une mise à jour pour être certain d'avoir les dernières versions des composants. Vous pouvez le faire sur la machine même, ou par accès SSH de la manière suivante :
# apt-get update # apt-get dist-upgrade
L'adresse IP de votre serveur Proxmox s'affiche lorsque celui-ci a fini de booter. Il y a également l'adresse de l'interface d'administration, elle est de la forme https et contient le FQDN ou l'adresse IP suivie du port 8006. Par exemple : https://10.40.1.17:8006
Cette vue affiche les principales informations de votre infrastructure : serveurs, authentification, configuration. Tout comme sur vSphere, le cadre du bas affiche les logs à la volée ce qui vous permet de connaître précisément les résultats de vos opérations sur l'hyperviseur. Dans le menu "storage" (stockage) vous pouvez voir vos différents périphériques : disque local, partage NFS, iSCSI. Stocker ses VM sur un support réseau permet de mettre en place la High Availability. La liste des serveurs à gauche permet d'accéder à une configuration individuelle : paramètres IP, nom d'hôte, etc.
Pour découvrir l'interface plus en détail et apprendre à mettre en place une machine virtuelle, Proxmox a créé une chaîne Youtube avec des tutoriels video. Voir les vidéos.
Pour connaître le fonctionnement théorique de la virtualisation et des containers, je vous renvoie à cet ancien article dans lequel j'explique les différences entre les deux à l'aide de schémas.
OpenVZ est la solution la plus performante, puisqu'il n'y a aucune couche d'émulation et un seul kernel pour tous les systèmes invités. Il n'y a en pratique aucune perte de performance ou elle s'élève à seulement 2 ou 3%. Il faut cependant que le système invité soit de type Linux, puisqu'il sera dépourvu de kernel et utilisera celui de l'hôte. Pour cela, Proxmox VE utilise des templates (modèles). Il y a par exemple un template pour Debian Squeeze, qui va juste demander à l'utilisateur d'entrer un mot de passe root, les paramètres IP et l'installation se fera ensuite automatiquement. Le boot est presque instantané.
KVM va au contraire émuler un ordinateur complet afin de rendre le système indépendant de l'hôte. Cette virtualisation est assurée par le processeur de l'hôte (grâce aux instructions Intel VT-x ou AMD-V) et par Qemu pour la création des périphériques complémentaires. Il est ainsi possible d'installer des systèmes non modifiés tels que Windows, et d'utiliser des périphériques VirtIO (qui ne sont pas réellement émulés mais partagés avec l'hôte). Par contre SPICE, solution de virtualisation desktop développée par RedHat, ne semble pas encore disponible mais prévu.
Je dispose d'un exemplaire de Windows Server 2008 en image iso (msdnaa). La première chose à faire est de l'envoyer sur le serveur. Pour cela, cliquez sur l'espace de stockage de votre choix dans la colonne de gauche. Dans l'onglet "content" vous verrez un bouton upload vous permettant d'envoyer votre iso. Il est aussi possible de le faire par SSH. Voir le tutoriel vidéo.
L'étape suivante consiste à créer une nouvelle machine virtuelle et à entrer les paramètres adéquats. Il est judicieux de sélectionner VirtIO pour le stockage et la carte réseau. Vous aurez cependant besoin de récupérer le CDROM de pilotes pour Windows. Vous pouvez suivre le tutoriel vidéo à cette adresse.
Attention, pour que la console fonctionne, vous devez avoir le plugin Java installé dans votre navigateur.
Une fois Windows 2008 installé, vous devrez aller dans le gestionnaire de périphérique pour installer les pilotes de la carte réseau (ils sont sur le CDROM VirtIO). Votre serveur virtualisé est maintenant prêt à l'emploi !
KVM, Linux, OpenVZ, sont des produits libres très puissants que l'on apprécie de voir fonctionner ensemble une fois leur configuration réalisée. Proxmox VE fournit un système où tout est déjà intégré, prêt à l'emploi. L'interface de configuration rend accessible à tous les administrateurs la mise en place de cluster de virtualisation, et rend ainsi cette solution compétitive avec celles du monde propriétaire.
Alors que Virt-Manager, développé par RedHat, est limité à Linux et tend à crasher très souvent, l'interface Web de Proxmox est universelle, stable, et bien plus complète.
Proxmox VE 2.0 est très bon !
9 commentaires
Merci pour cet article... Ca donne envie la v2
Tres bien en effet bcp mieux que Vsphere 5 (free) vrai usine a gaz et limité de partout!
Pour moi Proxmox 2 est aujourd'hui la solution pro pour ceux qui n’ont pas envie de jeter l'argent par la fenêtre.
Dommage que pour l'instant il n'existe pas de solution facile et efficase de migration entre la 1.9 et la 2.0, mise a par le backup et restor, mais pas top.
Sinon le HaA est très prometteur, ça donne bcp plus envie de clusteriser. A suivre avec la nouvelle monture de RedHat !
Les solutions Open source même a ce niveau sont pour moi les solutions du future!
Slt, bon article.
La v2 est sympa mais encore un peu buggé sur l'affichage de certaines info dans l'administration web (= c'est une béta :) ).
J ai essayé de créer créer un NFS storage ,mais j ai eu l'erreur suivant:Permission check failed (/storage, Datastore.Allocate) (403)
c'est quoi le problème?
merci
Je me sert de la VE 2.0 de chez OVH depuis quelques jours et j'en suis très content. Après je n'ai pas de point de comparaison avec d'autres solutions. La prise en main a pris 2 minutes et là je suis en train de regarder pour ajouter un 2e noeud.
Merci pour cet article! J ai essayé Proxmox 2.1 et j ai eu un problème frustrant: la souris et le curseur ne sont pas synchronisés !!! Quequ'un peut me renseigner pour s'en sortir ?
Merci beaucoup !!
Je penche pour un problème avec leur applet VNC !
Le mieux est de faire juste l'installation de ta VM puis passer par un autre accès (SSH, RDP...)
J'utilise la V2 de proxmox, j'aimerai récupérer des données sur le disque virtuel d'une machine Windows comment faire
Pour khawla, vérifie que le root de proxmox ai les droits en écriture sur le partage NFS
J'utilise PROMOX 2.1 en cluster, c'est top.